L’alimentation du chien de sport

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L’alimentation du chien de sport

Message  Christine le Jeu 10 Jan - 19:11

Extrait du magazine "Chien courant" Avril 2009
L’alimentation du chien de sport

Par le professeur Moraillon, ancien directeur de l’Ecole Nationale Vétérinaire de Maison-Alfort
Rappelons quelques notions de base
. Le chien à l’entretien
Il faut tout d’abord bien connaître les besoins nutritionnels de base du chien “à l’entretien”. Qu’appelle-t-on “chien à l’entretien” ? Un chien adulte, jeune, cinq ans environ, pesant autour de 20kg, qui n’est pas dans un état physiologique particulier, c’est-à-dire qu’il n’est ni en période de reproduction, ni en période de lactation, ni en période travail important. Il est en bonne santé, entretenu dans un milieu dont l température est de l’ordre de 20°.
L’alimentation, dans un besoin nutritionnel de base, vise à maintenir son poids de forme, avec des aliments d’une bonne digestibilité, sans rapport excessif de matières grasses. Elle maintient la peau et le pelage dans un état satisfaisant.

Le régime de base

Sur un chien en état d’entretien, le régime de base, considéré comme satisfaisant, comprend 27% de proteines (exprimées par rapport à la matière sèche), 10% de matières grasses, 35 à 40 % de glucides auxquels s’ajoutent 3 à 7% de fibres alimentaires non digestibles, du calcium à 1,1% et du phosphore à 0,8% ou 0,9%. Cela, c’est le régime de base qui donne de bons résultats très satisfaisants sur un chien de 20 kgs, adulte jeune, à une température de 20°.

Le besoin énergétique

Il faut savoir que la valeur énergétique pour le chien est d’environ 132 kilocalories par kilo de poids, à la puissance 0,75. Qu’est-ce que cela signifie ? Simplement que le besoin énergétique pour un chien de petite taille est proportionnellement plus important que pour un chien de grande taille. Pour un Yorkshire par exemple, il va falloir donner 132 kilocalories par kilo de poids vif pour satisfaire son besoin énergétique, alors que pour un chien de grande taille, on peut descendre à 50, 60 kilocalories par kilo. Autrement dit, le besoin énergétique par kilo de poids vif est beaucoup plus faible pour un chien de grande taille au repos que pour un chien de petite taille.

Croissance et espérance de vie

Il faut tenir compte également d’un certain nombre de notions: La durée de la croissance s’achève plus rapidement sur un chien de petite race : vers 8 à 9 mois, cette croissance est terminée. Sur un chien de grande race, elle peut aller jusqu’à 24 mois. Autrement dit, la croissance est trois fois plus longue chez un chien de grande race . L’amplitude de la croissance est totalement différente : vingt fois le poids de naissance pour les chiens de petite race, et jusqu’à cent fois pour les chiens de grande race. L’espèce canine est sans doute l’espèce dans laquelle on trouve la variation morphologique la plus importante. L’espérance de vie varie également suivant la taille du chien : elle est beaucoup plus grande chez le chien de petite taille, 14 ans en moyenne, contre sept, huit ou neuf ans chez les chiens de grande taille.

Le chien en exercice

La spécificité nutritionnelle du chien de base se trouve totalement modifiée chez le chien en exercice. Pour ce dernier, ce besoin augmente considérablement, d’une part en raison de la dépense énergétique induite quantitativement, et d’autre part en raison du stress qui nécessite des efforts nutritionnels particuliers. Enfin en raison de la déshydratation qui survient fréquemment au cours d’un effort sportif et qui constitue un paramètre primordial. On parle toujours de nutriments solides, mais le nutriment essentiel est l’eau. On ne survit pas plus de 3 jours en l’absence d’abreuvement, alors que l’on peut vivre plusieurs semaines sans manger.

Les spécificités nutritionnelles

Elles sont représentées par la dépense énergétique de l’animal en état de compétition. Cette dépense énergétique, on va l’estimer très simplement : Il suffit de déterminer quel est le poids de forme de l’animal et de lui donner une alimentation correcte pour maintenir ce poids de forme. L’élément essentiel pour apprécier l’adéquation entre l’apport énergétique et la dépense est tout bêtement la pesée de l’animal qui doit se faire dans l’idéal au minimum une fois par semaine, de manière à modifier l’alimentation en fonction du résultat. Il faut souligner qu’une heure de travail augmente la dépense énergétique de base de 10%. On considère qu’il faut ajouter 60% aux besoins énergétiques d’une journée de travail.
Un deuxième point important, c’est la température extérieure : S’il fait froid, il va falloir majorer l’apport énergétique pour couvrir les besoins. A titre d’exemple pour un chien donné qui se trouve à Strasbourg au mois de Mai il va falloir majorer les besoins nutritionnels de 10%, et de 100% en février. Si le même chien se trouve à Montpellier, en mai le régime de base suffit, en janvier-février, on le majore de 30%. La qualité des nutriments joue un rôle. Tout d’abord, l’énergie que l’on distribue doit être disponible facilement dans la cellule musculaire. Il est donc conseillé d’utiliser des nutriments hautement caloriques, à mon avis des aliments secs, qui apportent 3800 à 4000 kilocalories par kilo d’aliment. Des aliments secs donc, qui limitent les déchets.

Augmenter les matières grasses

Il va aussi falloir, sur un animal soumis à un effort d’endurance, augmenter la matière grasse. Je vous ai parlé de 12% dans la ration d’entretien, mais lorsqu’on va avoir affaire à des animaux en état d’effort physique, on peut aller jusqu’à 16 à 20 % en cas d’effort court, et jusqu’à 35% en cas d’endurance, dans des conditions de climat difficile, comme c’est le cas pour les chiens de traîneau dans le Grand Nord. Un bon compromis, ce sont des aliments qui apportent à peu près 25% de la matière sèche sous forme de lipides.
Enfin il va falloir donner des aliments hyperdigestifs. Commercialisés sous le nom de “Premium”, ils ont pour avantage de réduire considérablement l’encombrement du tube digestif. Ils occupent, à valeur nutritive égale, le tiers du volume d’un aliment traditionnel. On va juger de la digestibilité d’un aliment tout simplement en appréciant les selles. Pour 100 grammes d’aliments, on ne doit pas recueillir plus de 40 à 50 grammes de selles.

Lutte contre le stress

Ensuite, les spécificités nutritionnelles doivent lutter contre le stress par l’augmentation des protéines des rations. On peut aller jusqu’à 40% par rapport à la matière sèche. Augmentation également des vitamines B, notamment les vitamines B1, B2 et B6 qui sont importantes dans le métabolisme des glucides pour B1, des lipides pour B2 et des protéines pour B6. Apport de vitamine B12 en quantité suffisante puisque cette vitamine est indispensable à la synthèse de l’hémoglobine et que l’hémoglobine est indispensable au transport de l’oxygène. Il va falloir utiliser des anti-oxydants puisque le stress, comme le vieillissement, se caractérise par un processus oxydatif important au niveau des membranes cellulaires. On rajoute également à la ration de la vitamine E et du Sélénium. Le sélénium a un rôle très important pour la constitution de la contraction musculaire. Une carence en sélénium se traduit chez certaines espèces par ce que l’on appelle la maladie du muscle blanc. C’est en fait le muscle qui dégénère. Donc, apport suffisant en vitamine E et en sélénium.
Nécessaire également, un apport suffisant d’acides gras de la série omega 3 que l’on trouve dans la graisse de poisson. Ils sont importants pour augmenter la présence d’oxygène au niveau de la membrane cellulaire et pour diminuer les phénomènes inflammatoires. L’effort d’endurance prolongé et répété entraîne des phénomènes inflammatoires articulaires dégénératifs qui sont utilement combattus par l’apport d’acides gras de la série oméga 3.
Enfin, certains suppléments nutritionnels sont importants : L-Carnitine est utile pour la bonne utilisation des acides gras et pour favoriser la récupération de l’effort. 35mg de carnitine par kg de poids corporel.
La vitamine C, possède un effet anti-oxydant et combat le stress. Les doses sont assez variables, on peut aller jusqu’à 500 mg par jour et par animal.
Et puis enfin, on a vu l’intérêt de l’addition dans les aliments de probiotiques: ce sont des “bactéries lactiques” qui améliorent considérablement la digestibilité de l’aliment.

Un certain nombre d’erreurs sont faites dans les modes de distribution des aliments.

Chasser à jeun, non !

Une première erreur est de dire :” lorsqu’on veut soumettre un animal à un effort important, il est mieux qu’il soit à jeun.” Au contraire, il est nécessaire, pour un animal qui va chasser plusieurs heures, de donner, dans l’idéal, trois, quatre heures avant le début de la chasse, un quart de la ration et un abreuvement en quantité aussi importante que possible. On décrivait, dans le temps, les crises épileptiques du chien de meute qui n’étaient dues en fait qu’à une hypoglycémie devient inférieure à 0,3 ou 0,4 g par litre, des phénomènes de convulsion apparaissent qui ne sont rien d’autre que de l’hypoglycémie. Donc, nourrir les animaux trois à quatre heures avant la chasse, un quart de la ration avant.

L’abreuvement

Deuxième élément important, l’abreuvement. Important avant de partir à la chasse. Important aussi au cours de l’effort lorsque c’est possible, et très important, bien sûr, immédiatement après l’effort. Il faut à tout prix éviter la déshydratation. Cette déshydratation, vous pouvez la détecter d’une manière relativement simple par ce que l’on appelle “le signe du pli de la peau”. Un animal dont l’hydratation est réduite de 5% ne manifeste aucun symptôme, aucun signe clinique évident . Au-delà, on va pouvoir se rendre compte d’une déshydratation par la pratique du pli de peau . : On va tirer sur la peau de l’animal dans une région où la peau est tendue, par exemple les côtes ou la région dorsolombaire. Par la région cervicale parce que là, la peau est naturellement lâche. La peau doit reprendre sa position initiale dès qu’on la lâche. Si le signe du pli de peau est persistant, cela signifie que la déshydratation est de 6 à 8%. Autre test simple : le temps de remplissage capillaire : on prend la lèvre du chien, on appuie avec le pouce de manière à obtenir une plage blanche et on attend qu’elle se recolore. Si ce temps de remplissage capillaire dépasse deux secondes, c’est la preuve que la déshydratation est de l’ordre de 10%, c’est-à-dire que pour un chien de 20 kgs, il lui manque deux litres d’eau. Si la déshydratation augmente, atteint 12 %, c’est l’état de choc qui se termine, s’il n’est pas coorigé tout de suite, par la mort de l’animal.

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